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<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"><title>Louis-Philippe Véronneau - economics</title><link href="https://veronneau.org/" rel="alternate"></link><link href="https://veronneau.org/feeds/tags/economics.atom.xml" rel="self"></link><id>https://veronneau.org/</id><updated>2026-02-12T00:00:00-05:00</updated><entry><title>Contrecœur, Ray-Mont, les conteneurs et nous</title><link href="https://veronneau.org/contrecoeur-ray-mont-les-conteneurs-et-nous-fr.html" rel="alternate"></link><published>2026-02-12T00:00:00-05:00</published><updated>2026-02-12T00:00:00-05:00</updated><author><name>Louis-Philippe Véronneau</name></author><id>tag:veronneau.org,2026-02-12:/contrecoeur-ray-mont-les-conteneurs-et-nous-fr.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Voici un texte que j'ai écris pour un numéro à paraître du journal&lt;/em&gt; &lt;a href="https://resisteretfleurir.info/documentation/"&gt;Résister
et fleurir&lt;/a&gt;&lt;em&gt;. J'écris rarement en français sur mon blog (qui est
principalement destiné à un auditoire international), mais cela m'arrive quand
même parfois!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;Annoncé pour la première fois en 2014, le projet d'expansion du Port
de …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Voici un texte que j'ai écris pour un numéro à paraître du journal&lt;/em&gt; &lt;a href="https://resisteretfleurir.info/documentation/"&gt;Résister
et fleurir&lt;/a&gt;&lt;em&gt;. J'écris rarement en français sur mon blog (qui est
principalement destiné à un auditoire international), mais cela m'arrive quand
même parfois!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;Annoncé pour la première fois en 2014, le projet d'expansion du Port
de Montréal à Contrecœur a fait couler beaucoup d'encre dans les dernières
années.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, il est certain que les travaux en eau et la construction du nouveau
terminal portuaire causeront des dommages environnementaux irréparables —
pensons notamment au chevalier cuivré, qui verra son habitat essentiel saccagé.
Cependant, ce projet soulève également des questions importantes quant à sa
viabilité économique et à l'avenir des installations portuaires dans la grande
région de Montréal.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Un contexte économique mondial qui a changé&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Si le projet de Contrecœur pouvait avoir un certain sens pour les acteurs
économiques lorsqu'il a été lancé en 2014, force est de constater que le
contexte économique mondial a depuis changé. En effet, le Port de Montréal vit
deux pressions qui fragilisent sa place comme acteur portuaire de premier plan
en Amérique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premièrement, les chaînes d'approvisionnement internationales ont été fortement
perturbées en 2019 à la suite de la pandémie et le commerce international ne
s'en est jamais totalement remis. En effet, cet événement majeur a mis en
lumière la fragilité de nos économies et beaucoup de pays ont compris le danger
de dépendre (parfois substantiellement) de pays étrangers pour leurs besoins de
base, comme l'alimentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le retour de Donald Trump aux États-Unis, il est clair que nous vivons
présentement la fin du &lt;em&gt;statu quo&lt;/em&gt; pro-mondialisation qui régnait depuis les
années 80. Si la remise en question de notre partenariat économique avec les
États-Unis, dans un élan de diversification économique, aurait pu avoir comme
effet l'augmentation des activités portuaires à destination de l'Europe et de
l'Asie, il semble pour l'instant que cela n'a pas eu d'effet majeur dans le
volume de marchandises transitant par le Port de Montréal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="/media/blog/2026-02-12/evolution.png" width="90%" style="margin-left:5%" title="Évolution du volume de marchandises transporté par le Port de Montréal" alt="Évolution du volume de marchandises transporté par le Port de Montréal"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, le Port de Montréal ne répond plus aux standards internationaux
en terme d'infrastructures maritimes, principalement à cause du niveau d'eau
insuffisant dans le fleuve à la hauteur de Montréal. Tel que noté dans un
&lt;a href="https://snapquebec.org/wp-content/uploads/2026/01/Rapport_Evaluation-des-enjeux-economiques-strategique-et-environnementaux-du-projet-dexpansion-du-port-de-Montreal-a-Contrecoeur_SNAPQUEBEC_Janvier2026-2.pdf"&gt;rapport scientifique récent&lt;/a&gt; demandé par la Société pour la
nature et les parcs du Canada – section Québec (SNAP-Québec) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Le tirant d'eau du fleuve Saint-Laurent, qui atteint au maximum environ 11
mètres, limite l'accès à des navires de 4 500 EVP&lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Pour rivaliser avec
les ports de Halifax ou de New York, il faudrait pouvoir accueillir des
navires d'au moins 5 500 à 6 000 EVP. Cette contrainte physique ne peut pas
être levée sans un dragage majeur. »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, alors que le Port est limité à des navires de 4 500 EVP, ces bateaux ne
forment plus que 30 % de la capacité mondiale de transport maritime. En effet,
les plus gros bateaux, de classe &lt;em&gt;Ultra Large Container Vessels,&lt;/em&gt; peuvent
désormais transporter plus de 18 000 EVP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel que présenté dans le graphique ci-dessous, l'effet conjoint de ces deux
pressions cause une diminution marquée du volume de marchandises conteneurisées
et une stagnation de celui des marchandises solides transitant par le Port de
Montréal.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Un transfert de capacité plutôt qu'une augmentation nette&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Quand on comprend le contexte économique dans lequel s'inscrit ce projet, les
travaux à Contrecœur peuvent sembler étonnants. Si le nombre de conteneurs est
au mieux appelé à rester stable dans les prochaines années, pourquoi le Port de
Montréal souhaite-il augmenter sa capacité de près de 60 % ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le rapport de la SNAP-Québec mentionné plus haut, les chercheurs Henri
Chevaliers et Éric Pineault avancent une piste de solution : l'administration
portuaire s'est trompée dans ses calculs et le projet est déjà trop avancé pour
revenir en arrière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que crédible, cette analyse paraît tout de même sommaire. Et si, plutôt
que d'envisager le projet à Contrecœur comme une manière d'augmenter son volume
de marchandises, le Port de Montréal souhaitait plutôt ... y déplacer une
partie de sa capacité ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon son rapport annuel 2024, 37 % des coûts totaux du Port sont des dépenses
en main-d'œuvre. Pire encore, ces coûts sont la seule variable opérationnelle
que l'entreprise ne contrôle pas directement. En effet, si elle peut continuer
à investir des capitaux pour optimiser ses infrastructures, le rapport de force
du Syndicat des débardeurs, bien connu pour être très combatif, rend le
contrôle des coûts de main-d'œuvre complexe et imprévisible. Les grèves de 10
jours en 2020, 5 jours en 2022 et de 4 jours en 2024 lui ont causé des ennuis
financiers importants, en plus de nuire à sa valeur réputationnelle à
l'international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour éviter ce genre de désagrément, il est fort probable que le nouveau
terminal de Contrecœur soit presque entièrement automatisé. En procédant de la
sorte, le Port réduirait fortement ses besoins en main‑d'œuvre et augmenterait
son rapport de force face au Syndicat des débardeurs, grâce à la menace de
déplacer toujours plus de capacité vers des installations ne requérant pas
leurs services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans Contrecœur, ce projet d'automatisation des installations du Port de
Montréal serait difficilement réalisable. En effet, d'un point de vue
technique, ce dernier doit continuer ses opérations et doit s'assurer
de respecter ses contrats de manutention. Automatiser ses terminaux existants à
Montréal serait l'équivalent de remplacer un moteur d'avion en plein vol :
possible, mais techniquement complexe et donc particulièrement coûteux. De
plus, la machinerie nécessaire pour opérer un tel terminal automatisé
augmenterait grandement les nuisances sonores et visuelles, nuisances déjà
souvent intolérables pour le voisinage...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons cependant que l'ouverture d'un nouveau terminal à Contrecœur
n'entraînera pas la fin des activités du Port à Montréal, même à moyen ou à
long terme. En effet, certains clients industriels comme Sucre Lantic ou
Lallemand sont des partenaires du Port de très longue date et lui assurent une
stabilité opérationnelle importante. Les infrastructures de ces clients sont
fortement intégrées aux activités portuaires à Montréal et il serait impensable
d'envisager leur déplacement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, en libérant de l'espace sur ses quais à Montréal, le Port pourrait
continuer d'améliorer ses infrastructures pour les bateaux de croisière, un
secteur qui, malgré ses répercussions environnementales souvent désastreuses, a
connu une croissance mondiale de 16 % depuis 2019.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Ray-Mont Logistiques, entre l'arbre et l'écorce&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il donc de Ray-Mont Logistiques dans tout cela ? À la lumière de
cette analyse, en restant à Montréal, Charles Raymond risque littéralement de
« manquer le bateau » et d'être pris avec des infrastructures portuaires moins
intéressantes que celles auxquelles il pourrait avoir accès à Contrecœur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les investissements de l'entreprise sur le site d'Assomption Sud sont
encore pour l'instant minimales en comparaison avec son projet final de phase 2
(augmentation importante de la surface asphaltée, chemins de fer, élévateurs à
grain, infrastructures d'ensachement, etc.), il est encore le temps pour elle
de lever l'ancre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la réglementation en place limitant ses heures d'opération de 7h du
matin à 19h le soir est une épine majeure dans son pied et freine ses
perspectives rentabilité futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le déménagement de RML serait cependant une victoire en demi-teinte, car elle
ne réglerait pas le problème de fond de l'industrialisation croissante de nos
environnements et pérenniserait la destruction des écosystèmes marins et
terrestres à Contrecœur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble donc clair que notre stratégie de perturbation des activités de
Ray-Mont Logistiques — tant sur le terrain qu'au niveau des différentes
instances gouvernementales — fonctionne et est plus importante que jamais.
Chaque retard dans les travaux menant à la phase 2 sera une occasion
supplémentaire pour cette entreprise de fermer boutique et d'accepter que le
site choisit dans Hochelaga, ne lui appartiendra jamais réellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Viauville à Contrecœur, en passant par la forêt magique de Pointe-Aux-Père
et la Grande Tourbière de Blainville, faisons-leur comprendre que nos espaces
de vie ne sont pas à vendre, car en définitive, ils n'appartiennent à personne.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;« Équivalent vingt pieds », une mesure standard de la capacité en
conteneurs.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="blog"></category><category term="québec"></category><category term="economics"></category></entry><entry><title>Compte-rendu de livre: Santé Inc. Mythes et faillites du privé en santé d'Anne Plourde</title><link href="https://veronneau.org/compte-rendu-de-livre-sante-inc-mythes-et-faillites-du-prive-en-sante-danne-plourde-fr.html" rel="alternate"></link><published>2025-09-18T00:00:00-04:00</published><updated>2025-09-18T00:00:00-04:00</updated><author><name>Louis-Philippe Véronneau</name></author><id>tag:veronneau.org,2025-09-18:/compte-rendu-de-livre-sante-inc-mythes-et-faillites-du-prive-en-sante-danne-plourde-fr.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Voici un texte que j'ai écris pour le numéro de septembre 2025 de mon journal
syndical. J'écris rarement en français sur mon blog (qui est principalement
destiné à un auditoire international), mais cela m'arrive quand même parfois!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;h2&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dès l'introduction, Plourde annonce ses couleurs: ce livre s'adresse aux
personnes qui …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Voici un texte que j'ai écris pour le numéro de septembre 2025 de mon journal
syndical. J'écris rarement en français sur mon blog (qui est principalement
destiné à un auditoire international), mais cela m'arrive quand même parfois!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;h2&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dès l'introduction, Plourde annonce ses couleurs: ce livre s'adresse aux
personnes qui croient en un système de santé universel, mais qui doutent de la
capacité du système public d'y arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce livre, cette dernière s'attaque plus particulièrement à « la 'Santé
Inc.', et donc aux entreprises (qu'il s'agisse de grandes multinationales ou
d'entrepreneurs indépendants) qui mènent leurs activités dans l'objectif d'en
tirer un profit - ce qu'on appelle communément le secteur privé à but lucratif.
» (p.14-15)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre est divisé en 5 chapitres, qui abordent chacun un mythe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="/media/blog/2025-09-18/cover.jpg" width="70%" style="margin-left:15%" title="A picture of the book cover" alt="A picture of the book cover"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Faillite 1: Le privé en santé échoue depuis un siècle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mythe: le système de santé est essentiellement public, le privé est une
nouveauté.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce chapitre aborde l'histoire du système de santé au Québec. Plourde affirme
ainsi qu'à partir du XX^e^ siècle, les avancées de la médecine font en sorte
que les hôpitaux deviennent de réels lieux de soins (plutôt que des lieux de
prise en charge des 'indigents')&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, mis à part la tranche de population très pauvre pour qui les soins
sont gratuits, la forte majorité des gens n'ont pas accès aux soins pour des
raisons financières.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À partir des années 1930, les syndicats réussissent à gagner la mise en place
d'assurances privées sur les milieux de travail. Ce gain initial s'avère en
fait être un échec, car les progrès de la médecine s'accompagnent d'une
explosion des coûts, que les assurances collectives ont bien de la misère à
assumer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À partir des années 1950, ce système ne fonctionne plus (il n'a jamais
&lt;em&gt;réellement&lt;/em&gt; fonctionné...) et même les hôpitaux se montrent ouverts à la
création d'une assurance publique universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plourde brosse un portrait des services offerts à cette époque et démontre
qu'en fait, que ce soit à cause des coûts ou à cause de la présence de déserts
médicaux dans les quartiers et régions rurales jugées non rentables par le
privé, seuls les riches ont accès aux services de santé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'en 1971 la commission Castonguay-Nepveu propose la
mise en place d'une assurance publique et universelle:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« [...] la commission Castonguay-Nepveu recommandait non seulement l'adoption
d'une assurance maladie publique et universelle, mais également la
nationalisation de l'ensemble des services de santé et des services sociaux et
leur intégration dans un système entièrement public. » p.29&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'État crée donc les CLSC, dans une optique de soins publics, démocratiques et
holistiques. En plus d'offrir des soins de santé, ces derniers reçoivent comme
mandat l'inclusion démocratique des patient·e·s dans le réseau de santé ainsi
que la lutte contre les enjeux de santé causés par des facteurs comme la
malnutrition, la pollution, l'insalubrité des logements, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouveaux CLSC sont cependant mis à mal par le refus des médecins
d'abandonner leur statut de travailleurs autonomes et de devenir salarié·e·s.
Suite à d'intenses campagnes de lobbying, l'État accepte finalement qu'ils
restent la seule catégorie de travailleuses et de travailleurs de la santé à
avoir des cabinets privés tout en pouvant bénéficier d'un financement public.
Cette condition vient cependant avec l'impossibilité de travailler au privé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres catégories de professionnel·le·s de la santé (psychologues,
dentistes, etc.) peuvent cependant continuer de recevoir du financement privé,
ce qui permet la survie des assurances privées. En effet, à l'instar de la
commission Parent, la commission Castonguay-Nepveu croit qu'il est plus
stratégique d'augmenter graduellement la couverture des soins de santé à
travers les années pour tenter de minimiser le choc fiscal initial. Cela
n'arrivera toutefois jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ploudre démontre ainsi que le pourcentage des dépenses privées des ménages dans
le total des dépenses de santé au Québec a en fait augmenté depuis les années
70. En 2021, un ménage moyen dépensait 2897$ en soins privés, pour un total de
19,4 milliards de dollars (25,8% du budget total public-privé en santé). Ce
pourcentage en 1970 était d'environ 20%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Preuve de la faillite des CLSC, de nos jours, seul 15% des médecins de famille
y pratiquent. La forte majorité travaillent ainsi dans des cliniques privées,
les GMF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion de ce chapitre est donc que le privé ne peut pas sauver le réseau
de la santé, car il n'a jamais réellement été chassé du réseau!&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Faillite 2: Le privé en santé échoue à réduire les coûts&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mythe 2: le privé coûte moins cher&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Cela est vrai tant pour le financement privé que pour la prestation privée
des services » p.46&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'auteure affirme qu'un problème majeur du régime québécois est le régime privé
d'assurance médicaments, qui entraîne la multiplication des frais de gestion et
brise le pouvoir de négociation collectif dont jouirait un régime public et
universel. Pire encore, il laisse au public les cas les plus coûteux (soit les
pauvres, qui sont statistiquement plus malades que les riches).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, Plourde note que le marché privé vise le profit et non la promulgation
de soins. Quand le rapport de force des entreprises est important, les prix
montent:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Ainsi, en pleine crise de santé mentale, les tarifs suggérés par l'Ordre
des psychologues du Québec en 2023 étaient 50% plus élevés que ce qui était
affiché sur le site en 2021. » p.49&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Plourde affirme également que lorsque le privé arrive à réaliser certains actes
à coûts plus faibles que le public, c'est parce qu'il rogne sur les conditions
de travail et sur la qualité des services, deux choses qui ne sont pas
désirables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À son avis, un facteur majeur dans l'augmentation des coûts en santé est le
fait que les médecins accaparent une partie très importante du budget de la
santé au Québec:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Alors que les médecins ne représentaient que l'équivalent de 6% des
effectifs du réseau, cette profession accaparait à elle seule 15% des
dépenses totales du MSSS en 2021-2022. La même année, les autres employé·e·s
du réseau public, qui constituent donc 94% des effectifs, ont reçu une
rémunération totale équivalent à moins de 30% des dépenses du MSSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rémunération individuelle moyenne des médecins est de près de 400 000$ par
année, ce qui est 6,4 fois plus élevé que la rémunération moyenne des autres
employé·e·s du réseau, et 8,2 fois plus que le revenu d'emploi moyen de
l'ensemble des travailleuses et travailleurs du Québec. » p.61&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Plourde termine le chapitre en démontrant que les expériences faites sur les
coûts en clinique privée au Québec et ailleurs au Canada démontrent
systématiquement que le privé coûte substantiellement plus cher.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Faillite 3: Le privé en santé échoue à être efficace&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mythe 3: le privé est plus efficace&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« la Commission Castonguay-Nepveu ne s'est pas contentée de recommander la
nationalisation des services de santé: elle a également recommandé leur
démocratisation. » p.73&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Lors de la création des CLSC, les conseils d'administration sont formés de
patient·e·s et de membres de la communauté. L'idée de démocratisation de la
santé est alors explicite:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Cette petite révolution représentait non seulement une importante perte de
pouvoir pour les élites économiques, mais elle offrait aussi à la population
des outils pour résister aux assauts que ces mêmes élites n'allaient pas
tarder à lancer contre le nouveau système public. » p.74&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, cette vision de la santé est mise à mal par l'imposition de
pratiques de gestion néolibérales:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Loin d'améliorer l'efficacité des services, ce processus de déconnexion
grandissante avec le terrain aboutit donc, en contradiction complète avec les
recommandations de la Commission Castonguay-Nepveu, à la destruction
progressive des capacités du réseau à connaître les besoins réels de la
population et d'y répondre adéquatement. » p.77&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Conséquence de cette déconnexion, cette bureaucratisation accrue fait augmenter
les coûts. Plourde affirme par exemple que les gens qui prodiguent des soins à
domicile passent près de 70% de leur temps de travail à effectuer des tâches
administratives.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Cette centralisation des pouvoir promue par les nouvelle gestion publique
et le milieu des affaires s'accompagne nécessairement d'une bureaucratisation
des services, puisque, au fur et à mesure que les gestionnaires détenteurs
d'un pouvoir réel s'éloignent du terrain, des mesures de contrôle
administratifs de plus en plus lourdes et complexes doivent être développées.
Celles-ci prennent par exemple la forme d'exigences de reddition de comptes
statistiques auprès du personnel qui dispense les soins et les services. »
p.76&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple de bureaucratisation du système de santé est le financement à
l'acte:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Durant les années 1980, environ 600 actes pouvaient faire l'objet d'une
facturation de la part des médecins auprès de la Régie de l'assurance malade.
En une trentaine d'années, ce nombre déjà faramineux est passé à ... 11 000!
La gestion de la rémunération médicale est si lourde et si complexe que les
médecins eux-mêmes peinent désormais à s'y retrouver dans leur propre
facturation et doivent faire appel à des firmes spécialisées pour accomplir
ces tâches. » p.80&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pire encore:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« [...] le financement à l'activité a l'avantage considérable de mettre un
prix précis sur chaque activité hospitalière et, du même coup, de faciliter
leur achat et leur vente (et donc leur privatisation). » p.83&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Plourde s'attarde par la suite à prouver l'inefficacité de GMF. Alors que ces
cliniques privées ont été créés pour désengorger les urgences en offrant de plus
longues plages horaires, cela ne semble pas avoir eu l'effet désiré. En effet,
depuis leur création, les GMF n'ont jamais atteint les cibles de prise en
charge de patient·e·s imposées par les gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les GMF sont incapables (lire: ils refusent) de prendre en charge des
patient·e·s dans des plages horaires considérées comme peu attrayantes par les
médecins (tard le soir et les fins de semaine), il leur est permis de signer des
contrats avec d'autres organismes pour que ces derniers offrent cette prise en
charge à leur place. Ainsi:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« En 2022, 41% des GMF avaient convenu de telles ententes et offraient donc
une quantité d'heures de services inférieures à celle prévue par le programme
GMF. Mais le plus surprenant et le plus choquant, c'est qu'au moins 37% de
ces ententes ont été conclues avec les services d'urgence d'un hôpital! »
p.87-88&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Malgré ces manquants, les GMF continuent néanmoins de recevoir l'ensemble de
leur financement. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre absurdité de ce système: le Ministère a décidé de 'prêter' gratuitement
aux GMF des employé·e·s travaillant dans les CLSC pour combler leurs besoins en
services de travail social et en psychologie:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« À partir de 2016, à la suite d'une directive du ministère en ce sens, une
quantité grandissante de travailleurs sociaux et de travailleuses sociales
ainsi que des psychologues qui pratiquaient jusqu'alors dans les CLSC ont été
mis·e·s à la disposition des GMF, gratuitement, par les établissements
publics. Officiellement, ces professionnel·le·s restent à l'emploi des
établissements publics, mais ils et elles sont placé·e·s sous 'l'autorité
fonctionnelle' des médecins de GMF et pratiquent dans leurs locaux. » p. 88&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une conséquence encore plus regrettable de ce système est la perte d'accès à
ces services dans les CLSC:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Ainsi, seules les personnes inscrites auprès d'un médecin de GMF ont accès
aux professionnel·le·s qui y sont transféré·e·s par les établissements
publics. Or, plus du tiers de la population du Québec n'a toujours pas cette
chance. » p.89&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Plourde répertorie ainsi une perte de 42% de l'offre de service en travail
social (700 000 heures/an) et de 52% en psychologie (60 000 heures/an) dans les
CLSC dans les dernières années.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constatant les problèmes importants des GMF, le gouvernement a par la suite
décidé de favoriser la création de super-GMF, qui offrent des services comme
des radiographies, des prélèvements et doivent servir en théorie de
'mini-urgences'. Plourde démontre cependant qu'en 2017, 62% de ces groupes
n'atteignaient pas le nombre minimal de visites exigées. En 2021, cette
proportion était de 82%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle constate finalement que pour tenter de remplir leurs quotas, les médecins
de ces super-GMF ont tendance à délaisser leurs propres patient·e·s, qui
doivent alors se tourner vers l'urgence ou d'autres super-GMF...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en comprend donc que le privé n'est pas réellement plus efficace que le
public en santé.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Faillite 4: Le privé en santé échoue à désengorger le public&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mythe 4: le privé aide à réduire les listes d'attente dans le public&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« [...] dans les faits, le privé est plutôt un compétiteur féroce qui
vampirise les ressources du public et réduit sa capacité à répondre aux
besoins de la population » p. 95&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout le cas car la main d'œuvre en santé est finie et que le privé
tend donc à 'voler' des travailleuses et des travailleurs qui iraient autrement
au public. En général, si le privé arrive à être plus attractif, c'est parce
qu'il est en mesure d'offrir de meilleurs salaires que le public et parce qu'il
n'a pas besoin d'offrir des services 24h/24 7j/7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1987, près de 60% des personnes dans le domaine de la santé et de
l'assistance sociale travaillait au public. En 2019, ce n'était plus le cas que
de 50% des travailleurs et travailleuses de ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Plourde, cette situation est causée par trois problèmes:&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Le désengagement de l'État et les coupures budgétaires&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La détérioration des conditions de travail&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le fait que l'État paie plus cher pour un même service offert au privé qu'au
   public&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Cette dernière parle ainsi de 'ponts d'or' du public vers le privé pour décrire
cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Les difficultés à réduire les listes d'attente pour le type de procédures
qui sont privatisées dans ces cliniques ne sont pas causées par des manques
d'équipement ou de salles d'opération dans les hôpitaux publics. Elles sont
causées par le manque de disponibilité du personnel, problème majeur qui
force les hôpitaux à sous-utiliser leurs salles d'opération. » p.104&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Face à ces problèmes, l'auteure remet de l'avant le fait que les barrières
mises en place pour empêcher que les médecins ne travaillent au privé
fonctionnent. En effet, très peu de médecins travaillent au public (~4%) alors
qu'au contraire la pratique privé-publique est très populaire chez les
physiothérapeutes ou les psychologues. Ces barrières pour empêcher la double
pratique devraient donc être graduellement mises en place pour les autres
professions, dans une optique de renationalisation des soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, alors que de 2010 à 2020 le nombre de psychologues au Québec a
augmenté de 5,5%, la crise de l'accessibilité s'est aggravée. Alors qu'en
2010, 28% des psychologues travaillaient dans la santé publique, en 2020,
elles et ils n'étaient plus 23% à le faire. Pendant ce temps, la pratique
privée a récupéré ces gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plourde termine ce chapitre en mettant en garde contre la télémédecine, qui,
n'étant pas offerte au public, est un service qui peut être offert par les
médecins sans remettre en cause leur appartenance au réseau public. Elle craint
en effet que cette pratique mixte ne prenne de l'ampleur, au profit du privé.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Faillite 5: Le privé en santé échoue à préserver la qualité et l'équité&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mythe 5: le privé améliore la qualité des soins sans nuire à l'équité dans
l'accès aux services&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« On nous fait croire également que lorsque des personnes mieux nanties
paient pour avoir accès plus rapidement aux services dans le secteur privé,
elles libèrent de la place dans le secteur public, facilitant ainsi l'accès
pour les personnes qui n'ont pas les moyens de payer pour des services
privés. » p. 124&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans ce dernier chapitre, Plourde affirme que la décision de privatiser encore
plus notre système de santé est une entreprise d'abord et avant tout idéologique.
En effet:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« [...] une revue de la littérature internationale a montré en 2014 que la
mortalité et les coûts des services étaient plus élevés dans les
établissements de santé privé à but lucratif que dans les organismes sans but
lucratif. » p. 126&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces effets sont connus depuis longtemps déjà, le Québec n'étant pas le premier
à s'engager dans ce chemin. Dès 1990, l'Italie privatise plusieurs services de
santé et devient un contre-exemple marqué. On constate ainsi que plus le
pourcentage de services assurés par le privé est grand, plus la mortalité des
patient·e·s est importante. Des constats similaires ont été faits suite aux
privatisations en santé en Angleterre en 2013 et en 2020 en
Colombie-Britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Plourde, cette surmortalité est le résultat de la création d'un système à
deux vitesses. En effet, alors que statistiquement les personnes plus aisées
sont plus en santé, grâce au système privé, elles ont accès à des soins plus
rapidement. À l'inverse, les personnes les plus pauvres sont obligées de se
retourner vers le système public, définancé au profit du privé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en revient donc à la conclusion générale que:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Traiter la maladie comme une source de profits ne conduit pas à
l'amélioration de la santé et des services, bien au contraire. Persévérer
dans la voie néfaste d'une privatisation accrue des services serait donc une
grave erreur. » p. 154&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</content><category term="blog"></category><category term="québec"></category><category term="economics"></category><category term="book"></category></entry><entry><title>Cher Hydro-Québec: le Quartier latin mérite mieux</title><link href="https://veronneau.org/cher-hydro-quebec-le-quartier-latin-merite-mieux-fr.html" rel="alternate"></link><published>2025-04-08T00:00:00-04:00</published><updated>2025-04-08T00:00:00-04:00</updated><author><name>Louis-Philippe Véronneau</name></author><id>tag:veronneau.org,2025-04-08:/cher-hydro-quebec-le-quartier-latin-merite-mieux-fr.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Voici un texte que j'ai écris pour le numéro d'avril 2025 de mon journal
syndical. J'écris rarement en français sur mon blog (qui est principalement
destiné à un auditoire international), mais cela m'arrive quand même parfois!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="/media/blog/2025-04-08/haut.jpg" width="70%" style="margin-left:15%" title="Vue de haut de l'emprise du nouveau poste de transformation électrique, coin Berri et Ontario" alt="Vue de haut de l'emprise du nouveau poste de transformation électrique, coin Berri et Ontario"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 2024. Le Devoir annonce qu'Hydro-Québec s'est entendue avec Bibliothèques
et Archives nationales du …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Voici un texte que j'ai écris pour le numéro d'avril 2025 de mon journal
syndical. J'écris rarement en français sur mon blog (qui est principalement
destiné à un auditoire international), mais cela m'arrive quand même parfois!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="/media/blog/2025-04-08/haut.jpg" width="70%" style="margin-left:15%" title="Vue de haut de l'emprise du nouveau poste de transformation électrique, coin Berri et Ontario" alt="Vue de haut de l'emprise du nouveau poste de transformation électrique, coin Berri et Ontario"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 2024. Le Devoir annonce qu'Hydro-Québec s'est entendue avec Bibliothèques
et Archives nationales du Québec pour l'achat du terrain coin Berri et Ontario
pour la construction d'un nouveau poste de transformation électrique. Berri-2,
un poste de 315 000 volts, remplacera le jardin de lecture et le terrain
gazonné face à l'Îlot Voyageur&lt;sup id="fnref:achat"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:achat"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Exit, la statue de Danny Laferrière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous apprend ainsi qu'un bâtiment plus grand que la Grande Bibliothèque —
sans fenêtres — s'érigera sur ce terrain d'ici 2033, entrainant la perte d'un
des derniers espaces verts du Quartier latin. BAnQ, mise à genoux par plus
d'une décennie de désinvestissement et de négligence de la part de Québec, n'a
pas d'autre choix que d'accepter. La CAQ lui a en effet confié le mandat de
revitaliser l'ancienne bibliothèque Saint-Sulpice, sur Saint-Denis, sans
toutefois lui accorder les budgets nécessaires pour le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vente de ce terrain pour 22 millions de dollars, c'est pour BAnQ
l'équivalent parapublic d'aller au Pawn Shop vendre sa guitare pour payer son
loyer. Tout le monde constate l'humiliation imposée à l'institution, même si sa
directrice, Marie Grégoire, ancienne bonze de l'Action démocratique du Québec,
s'en cache bien. Après tout, défendre « une institution d'avant-garde et de
référence vouée à l'enrichissement du savoir et de la culture »&lt;sup id="fnref:banq"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:banq"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, c'est
probablement le travail d'un·e autre.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: center"&gt;* * *&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Comme beaucoup d'autres québécois·e·s, j'entretiens avec Hydro-Québec une
relation ambigüe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Symbole inspirant d'une période de prise en main collective face aux diktats du
privé — « Maintenant ou jamais! Maîtres chez nous » — Hydro-Québec
représente également pour moi notre arrogance collective vis à vis des question
autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En définitive, nous n'avons pas su bâtir cette « relation de nation à nations »
tant de fois promise, jamais réalisée. Cette arrogance, que l'on voit encore
chez Hydro-Québec dans ses projets d'infrastructure, elle provient de notre
refus d'admettre que, nous aussi, nous étions et sommes encore actrices et
acteurs de ce colonialisme destructeur qui ravage les Premières Nations, les
Métis et les Inuit au Québec et au Canada…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'égare ici peut-être un peu du sujet principal de cet article, mais c'est à
mon avis un détour nécessaire. L'attitude de notre chère société d'État dans ce
dossier n'est pas nouvelle et doit être replacée dans un contexte plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous lui demandons plus de transparence et qu'elle nous ignore, quand
nous tentons de lui faire comprendre que ses décisions mettent en péril nos
milieux de vie et d'étude et qu'elle nous répond “qu'elle n'a pas le choix”,
elle emploie somme toute les mêmes tactiques que celles utilisées pour
déposséder les nations autochtones au Québec de leurs terres, de leurs lacs et
de leurs rivières. Les mêmes tactiques, moins la police et la violence
physique.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: center"&gt;* * *&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src="/media/blog/2025-04-08/boite.jpg" width="70%" style="margin-left:15%" title="Estimation de la volumétrie du futur poste de transformation électrique" alt="Estimation de la volumétrie du futur poste de transformation électrique"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec raison, le Quartier latin s'enflamme et se mobilise. Lise Bissonnette,
Christine St-Pierre, Phyllis Lambert, Michel Tremblay, Kev Lambert, Nicole
Brossard, l'Association citoyenne du Village de Montréal, le SPUQ-UQÀM, Marie
D. Martel, Carol Couture et bien d'autres dénoncent tour à tour le projet. Dans
les mots de Denys Arcand: « dément. […] C'est du délire ! C'est complètement
fou. »&lt;sup id="fnref:arcand"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:arcand"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours au front, Manon Massé pose la question qui tue: ne pourrait-on pas
utiliser … d'autres terrains? Le Quartier latin n'est en effet pas étranger aux
lieux laissés à l'abandon pour profiter des effets de la spéculation
immobilière rampante&lt;sup id="fnref:aquilini"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:aquilini"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Réponse: « Hydro-Québec exclut d'emblée
d'exproprier »&lt;sup id="fnref:expropriation"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:expropriation"&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Protéger (le capital) et servir (les intérêts
des riches propriétaires des terrains du centre-ville), notre chère société
d'État joue bien ici son rôle de police de l'énergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hydro-Québec sort donc encore la même cassette: les communs et l'environnement
n'ont pas de valeur et elle n'hésitera pas à les détruire si cela lui permet
d'atteindre ses objectifs de rentabilité. “Énergie verte”, une hypocrisie telle
qu'on croyait entendre la Caisse de dépôt et placement du Québec affirmant
appliquer les plus hauts standards éthiques tout en continuant à &lt;a href="https://cdpq-palestine.info"&gt;investir dans
des entreprises responsables du génocide en Palestine&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-delà de la question du terrain, avons-nous vraiment besoin d'un nouveau
poste de transformation électrique plus gros et plus puissant? Si Hydro-Québec
affirme que c'est nécessaire « pour répondre à la croissance de la demande en
électricité du centre-ville », permettons-nous d'en douter. Il suffit en effet
de jeter un coup d'œil le soir à tous ces bâtiments complètement illuminés pour
voir à quel point le gaspillage d'énergie est un véritable leitmotiv québécois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, cette “nécessité” est plutôt le résultat d'une course folle
vers l'avant au nom de la “transition écologique”, alors que la solution réelle
à nos problèmes environnementaux est le refus collectif. De la consommation. De
la croissance. Du capitalisme. De la mort collective.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: center"&gt;* * *&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous apprenions récemment que le Cégep du Vieux Montréal et l'UQÀM
collaboreront pour mettre de l'avant des «&amp;nbsp;actions concertées entourant la
relance du Quartier latin »&lt;sup id="fnref:relance"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:relance"&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Pourquoi ne pas en profiter pour
défendre nos communs?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que le conseil d'administration du CVM doit dénoncer le projet de
construction d'un poste de transformation au coin Berri et Ontario et doit
prendre position en faveur d'une rétrocession de ce terrain à BAnQ. La
communauté du Quartier latin organise d'ailleurs une manifestation le samedi 26
avril pour dénoncer le manque d'écoute dans ce dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et au-delà de cet enjeu — après tout hyperlocal — continuons de dénoncer
l'attitude d'Hydro-Québec, particulièrement envers les communautés autochtones.
Vérité, réconciliation, transfert de 25% des parts de la société d'État aux
nations autochtones au Québec?&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:achat"&gt;
&lt;p&gt;Jean-François NADEAU et Étienne PARÉ, « Un poste d'Hydro-Québec en plein Quartier latin à quel prix? », &lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt; (14 mai 2024), &lt;a href="https://www.ledevoir.com/societe/transports-urbanisme/812870/projet-hydro-quebec-coeur-quartier-latin-tenu-secret"&gt;https://www.ledevoir.com/societe/transports-urbanisme/812870/projet-hydro-quebec-coeur-quartier-latin-tenu-secret&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:achat" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:banq"&gt;
&lt;p&gt;BAnQ, « Déclaration de services aux citoyens (P-5) », 21 juin 2023, &lt;a href="https://www.banq.qc.ca/declaration-de-services-aux-citoyens-p-5/"&gt;https://www.banq.qc.ca/declaration-de-services-aux-citoyens-p-5/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:banq" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:arcand"&gt;
&lt;p&gt;Jean-François NADEAU, « De grands noms de la culture dénoncent le projet d’Hydro-Québec au Quartier latin », &lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt; (17 février 2025), &lt;a href="https://www.ledevoir.com/societe/transports-urbanisme/845293/figures-culture-denoncent-projet-hydro-quebec-quartier-latin"&gt;https://www.ledevoir.com/societe/transports-urbanisme/845293/figures-culture-denoncent-projet-hydro-quebec-quartier-latin&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:arcand" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:aquilini"&gt;
&lt;p&gt;Exemple parmi tant d’autres: cet entrepôt de 140 mètres de long
situé sur Saint-Hubert derrière l'Îlot Voyageur, véritable verrue urbaine
qui pourrie tranquillement depuis 2003 en attendant que son propriétaire,
l’&lt;em&gt;Aquilini Investment Group&lt;/em&gt;, décide finalement d’en faire du logement.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:aquilini" title="Jump back to footnote 4 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:expropriation"&gt;
&lt;p&gt;Jean-François NADEAU, « De l'électricité dans l'air autour du projet d’Hydro-Québec pour le Quartier latin », &lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt; (23 octobre 2024), &lt;a href="https://www.ledevoir.com/societe/transports-urbanisme/822244/electricite-air-autour-projet-hydro-quebec-quartier-latin"&gt;https://www.ledevoir.com/societe/transports-urbanisme/822244/electricite-air-autour-projet-hydro-quebec-quartier-latin&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:expropriation" title="Jump back to footnote 5 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:relance"&gt;
&lt;p&gt;Cégep du Vieux Montréal, « Le cégep du Vieux Montréal et l'UQAM signent une entente pour consolider leur partenariat privilégié et explorer de nouvelles pistes de collaboration », 12 février 2025, &lt;a href="https://www.cvm.qc.ca/wp-content/uploads/COMMUNIQUE_cvm-uqam.pdf"&gt;https://www.cvm.qc.ca/wp-content/uploads/COMMUNIQUE_cvm-uqam.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:relance" title="Jump back to footnote 6 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="blog"></category><category term="québec"></category><category term="economics"></category></entry><entry><title>Dette et déficit: jusqu'ici, tout va bien</title><link href="https://veronneau.org/dette-et-deficit-jusquici-tout-va-bien-fr.html" rel="alternate"></link><published>2024-10-08T00:00:00-04:00</published><updated>2024-10-08T00:00:00-04:00</updated><author><name>Louis-Philippe Véronneau</name></author><id>tag:veronneau.org,2024-10-08:/dette-et-deficit-jusquici-tout-va-bien-fr.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Voici un texte que j'ai écris pour le dernier numéro de mon journal syndical.
J'écris rarement en français sur mon blog (qui est principalement destiné à un
auditoire international), mais cela m'arrive quand même parfois!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;Dans une chronique publiée le 5 octobre dernier, Gérard Fillion, journaliste
aux affaires économiques à …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Voici un texte que j'ai écris pour le dernier numéro de mon journal syndical.
J'écris rarement en français sur mon blog (qui est principalement destiné à un
auditoire international), mais cela m'arrive quand même parfois!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;Dans une chronique publiée le 5 octobre dernier, Gérard Fillion, journaliste
aux affaires économiques à Radio-Canada, titrait: « Le grand retour de la
rigueur budgétaire ? »&lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul besoin de ce point d'interrogation, cher Gérard: les coupures que nous
vivons actuellement dans les cégeps et dans nos services publics marquent bel
et bien le retour non pas de la rigueur, mais de &lt;em&gt;l'austérité&lt;/em&gt; budgétaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet encadré, je vous propose de déconstruire trois mythes économiques
trop souvent utilisés pour justifier des choix politiques sous le couvert de
la nécessité économique.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;1. Le Québec est trop endetté et doit réduire sa dette&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sophisme relativement courant, celui de la peur de la dette gouvernementale a
la peau dure, et ce, malgré le bilan exemplaire du Québec (et du Canada!) en
matière de finances publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adoptée en 2006, la &lt;em&gt;Loi sur la réduction de la dette et instituant le Fonds
des générations&lt;/em&gt;&lt;sup id="fnref:loi"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:loi"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; établissait une cible d'endettement québécoise qui
semblait alors raisonnable: en 2026, nous visions une dette brute équivalente à
45% du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons outre les subtilités du débat « dette nette vs dette brute » et
regardons ce qu'il en est, près de 20 ans plus tard. Surprise! cette cible a
été atteinte en 2022 et la dette brute se situe maintenant à 41,5% du
PIB&lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id="fnref:3"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:3"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Péril en la demeure? Décote éventuelle du Québec sur les marchés financiers?
Que nenni!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux encore, tel que démontré dans le graphique ci-dessous, nous payons
substantiellement moins d'intérêts sur notre dette qu'en 2012&lt;sup id="fnref2:3"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:3"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons de plus « [qu'en] 2023, l'ensemble des agences [de notation] ont
confirmé la cote de crédit du Québec avec perspective stable. »&lt;sup id="fnref:4"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:4"&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="/media/blog/2024-10-08/service_de_la_dette.png" width="70%" style="margin-left:15%" title="Un graphique du service de la dette au Québec" alt="Un graphique du service de la dette au Québec"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que devrions-nous donc faire, maintenant que la cible est atteinte?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite à un appel du Ministère des finances en 2021, l'Association des
économistes québécois, le CIRANO, l'Institut du Québec et la Chaire de
recherche en fiscalité et en finances publiques — des gens qui n'ont pas la
réputation d'être particulièrement à gauche — en ont conclu que « la
réduction de la dette ne devrait pas être un exercice sans fin »&lt;sup id="fnref:5"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:5"&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, la dette du Québec n'est pas du tout inquiétante et mieux vaudrait
investir notre argent ailleurs...&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;2. Le déficit budgétaire force le gouvernement à couper&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ligne de communication populaire dans les médias depuis quelques temps, on ne
cesse de répéter que &lt;em&gt;le déficit budgétaire est de 11 milliards!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 milliards, quel gros chiffre, penserez-vous sûrement. Difficile de
s'imaginer ce que cela peut représenter, en termes de finances personnelles.
Plusieurs centaines de maisons? Combien de millions de paires de bas?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le hic est justement que les finances gouvernementales &lt;strong&gt;ne sont pas des
finances personnelles&lt;/strong&gt;. Contrairement à vous, le gouvernement est maître de ses
revenus et ses déficits, déficits qui, loin d'être une fatalité, sont causés
par des choix politiques. Nous y reviendrons plus bas au 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; mythe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose certaine, en ne cessant de répéter ce chiffre magique de 11 milliards,
les journalistes, politicien·ne·s et autres figures publiques commettent notre
second mythe économique. En effet, les finances publiques doivent se
calculer en pourcentage du PIB, et non en argent nominal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on procède de la sorte, c'est parce que le pourcentage du PIB prend en
compte la capacité de payer d'un État. Un État qui a un grand PIB a ainsi plus
de facilité à rembourser une même somme qu'un État qui a un plus petit PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici un exemple simple que j'utilise en classe pour illustrer cette situation.
Si un individu a des revenus annuels de 100$ et une dette de 100$, cette dette
est très importante! Il devrait consacrer 100% de ses revenus à sa dette pour
la rembourser au complet. À l'inverse, une autre personne qui a également une
dette de 100$, mais des revenus annuels de 100 000$ n'est pas très endettée.
Ce 100$ représente pour elle 0,1% de ses revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette même dette de 100$ ne veut donc pas dire grand-chose si on ne la compare
pas aux revenus. C'est la même chose pour les gouvernements. La dette du Québec
est minuscule pour les États-Unis, mais serait très grande pour la municipalité
de Sainte-Élie-de-Caxton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PIB du Québec prévu pour 2024 est de 579 milliards de dollars. Le déficit
annoncé de 11 milliards ne représente donc qu'un peu moins de 2% du PIB.
Notons que la France anticipe cette année un déficit de 5,6% de son PIB et que
l'Union Européenne considère 3% comme une cible maximale raisonnable&lt;sup id="fnref:6"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:6"&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les médias parlent de finances publiques en termes nominaux (en dollars)
plutôt qu'en pourcentage du PIB, sachez que c'est un exercice de
désinformation, qui vise à créer chez vous un sentiment de peur en vous mettant
face à de très gros chiffres, sans les mettre en contexte.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;3. Nous manquons d'argent pour nos politiques sociales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dernier mythe économique, cette idée que nous manquons d'argent pour mettre
en place des politique sociales durables et progressistes. Pour reprendre les
doux mots de Pascale Déry, ministre de l'éducation supérieure: « On ne peut pas
tout faire en même temps »&lt;sup id="fnref:7"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:7"&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mythe est peut-être le plus facile des trois à déconstruire. En effet,
les gouvernements semblent constamment nous prouver que leurs décisions
économiques ne tiennent pas la route. Mentionnons en vrac:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;1,7 milliards de perte récurrente suite à la plus récente baisse d'impôts,
  véritable cadeau aux riches&lt;sup id="fnref2:6"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:6"&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;6,7 milliards de chèques à saveur électorale envoyés à la population en 2022
  sous le couvert de la « lutte à l'inflation »&lt;sup id="fnref:8"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:8"&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &lt;sup id="fnref:9"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:9"&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;2 milliards pour Bombardier, une entreprise qui, après avoir mis à pied des
  centaines d'employé·e·s au Québec, a été vendue à rabais l'étranger&lt;sup id="fnref:10"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:10"&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;1,37 milliards pour Northvolt, une entreprise maintenant en faillite&lt;sup id="fnref:11"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:11"&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;7 millions pour les Kings, une équipe de hockey détenue par un
  milliardaire&lt;sup id="fnref:12"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:12"&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;6,5 millions pour la PGA, une association qui génère plus de 2,6 milliards de
  revenus annuels&lt;sup id="fnref:13"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:13"&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Difficile à la vue de ces chiffres d'affirmer qu'il manque d'argent pour offrir
un repas par jour à tous les enfants du Québec (1,5 milliards/an&lt;sup id="fnref:14"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:14"&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue plus structurel, la Coalition Main Rouge propose depuis des
années un ensemble de mesures pour dégager plus de 14 milliards de dollars en
revoyant nos priorités fiscales&lt;sup id="fnref:15"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:15"&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines de ces mesures, comme « Adopter un régime entièrement public
d’assurance médicaments » ou encore « Mettre fin à l'incorporation des médecins
» sont d'une simplicité telle que leur absence ne peut s'expliquer que par une
capture réglementaire de la part des lobbys visés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que nos priorités devraient être la faim, la pauvreté, l'éducation, la
santé, l'environnement, etc., on cesse de nous répéter que la richesse est
créée par ceux et celles qui sont déjà riches et qui sauront à leur gré nous
donner généreusement leurs miettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rejetons cette vision du monde absurde et donnons-nous finalement les moyens de
nos ambitions collectives.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;Fillion, G. (2024, 5 octobre). Le grand retour de la rigueur budgétaire?. &lt;em&gt;Radio-Canada&lt;/em&gt;. &lt;a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2109983/retour-rigueur-budgetaire-economie-politique"&gt;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2109983/retour-rigueur-budgetaire-economie-politique&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:loi"&gt;
&lt;p&gt;Québec. (2006). &lt;em&gt;Loi sur la réduction de la dette et instituant le Fonds des générations, RLRQ c R-2.2.0.1&lt;/em&gt;. &lt;a href="https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/R-2.2.0.1"&gt;https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/R-2.2.0.1&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:loi" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;Gouvernement du Québec. (2022). Rapport préélectoral sur l'état des finances publiques du Québec. &lt;a href="https://www.finances.gouv.qc.ca/documents/Autres/fr/RapportPreelectoralFR_2022.pdf"&gt;https://www.finances.gouv.qc.ca/documents/Autres/fr/RapportPreelectoralFR_2022.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:3"&gt;
&lt;p&gt;Gouvernement du Québec. (2024). Budget 2024-2025. &lt;a href="https://www.finances.gouv.qc.ca/Budget_et_mise_a_jour/budget/documents/Budget2425_PlanBudgetaire.pdf"&gt;https://www.finances.gouv.qc.ca/Budget_et_mise_a_jour/budget/documents/Budget2425_PlanBudgetaire.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:3" title="Jump back to footnote 4 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref2:3" title="Jump back to footnote 4 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:4"&gt;
&lt;p&gt;Ministère des Finances du Québec. (2024). &lt;em&gt;Dette du Québec et Fonds des générations&lt;/em&gt;. &lt;a href="https://www.finances.gouv.qc.ca/ministere/finances_publiques/dette_quebec_fonds_generations.asp"&gt;https://www.finances.gouv.qc.ca/ministere/finances_publiques/dette_quebec_fonds_generations.asp&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:4" title="Jump back to footnote 5 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:5"&gt;
&lt;p&gt;CRFFP. (2021). &lt;em&gt;Les règles budgétaires du Québec : réflexions d’un panel d’experts&lt;/em&gt; (Regard CFFP R2021/15). &lt;a href="https://cffp.recherche.usherbrooke.ca/wp-content/uploads/2021/12/r_2021-15_regles_budgetaires_du_quebec.pdf"&gt;https://cffp.recherche.usherbrooke.ca/wp-content/uploads/2021/12/r_2021-15_regles_budgetaires_du_quebec.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:5" title="Jump back to footnote 6 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:6"&gt;
&lt;p&gt;Fillion, G. (2024, 21 février). Des déficits plus élevés à Québec : pourquoi avoir baissé les impôts?. &lt;em&gt;Radio-Canada&lt;/em&gt;. &lt;a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2050907/deficits-quebec-baisse-impots-budget-provincial"&gt;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2050907/deficits-quebec-baisse-impots-budget-provincial&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:6" title="Jump back to footnote 7 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref2:6" title="Jump back to footnote 7 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:7"&gt;
&lt;p&gt;Goudreault, Z. (2024, 5 septembre). « On ne peut pas tout faire en même temps » dans les cégeps, affirme Déry. &lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt;. &lt;a href="https://www.ledevoir.com/societe/education/819278/on-ne-peut-pas-tout-faire-meme-temps-cegeps-affirme-dery"&gt;https://www.ledevoir.com/societe/education/819278/on-ne-peut-pas-tout-faire-meme-temps-cegeps-affirme-dery&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:7" title="Jump back to footnote 8 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:8"&gt;
&lt;p&gt;Lecavalier, C. (2022, 22 mars). 500 $ pour 6,4 millions de Québécois. &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt;. &lt;a href="https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2022-03-22/budget-du-quebec/500-pour-6-4-millions-de-quebecois.php"&gt;https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2022-03-22/budget-du-quebec/500-pour-6-4-millions-de-quebecois.php&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:8" title="Jump back to footnote 9 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:9"&gt;
&lt;p&gt;Bordeleau, S. (2022, 9 novembre). Inflation : Québec détaille son aide de 400 $ à 600 $. &lt;em&gt;Radio-Canada&lt;/em&gt;. &lt;a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1931431/cheque-caq-inflation-modalites"&gt;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1931431/cheque-caq-inflation-modalites&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:9" title="Jump back to footnote 10 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:10"&gt;
&lt;p&gt;Arseneault, J. et Lecavalier, C. (2024, 24 juillet). Plus de 2 milliards de fonds publics: L'engrenage de la C Series. &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt;. &lt;a href="https://www.lapresse.ca/affaires/2024-07-24/plus-de-2-milliards-de-fonds-publics/l-engrenage-de-la-c-series.php"&gt;https://www.lapresse.ca/affaires/2024-07-24/plus-de-2-milliards-de-fonds-publics/l-engrenage-de-la-c-series.php&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:10" title="Jump back to footnote 11 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:11"&gt;
&lt;p&gt;Labbé, J. (2024, 24 septembre). Les déboires de Northvolt placent Québec sur la défensive. &lt;em&gt;Radio-Canada&lt;/em&gt;. &lt;a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2107011/debat-urgence-northvolt-quebec"&gt;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2107011/debat-urgence-northvolt-quebec&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:11" title="Jump back to footnote 12 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:12"&gt;
&lt;p&gt;Tanguay, S. (2024, 3 octobre). Les oppositions à Québec mitraillent les «Kings des dépenses». &lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt;. &lt;a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/821037/oppositions-quebec-mitraillent-kings-depenses"&gt;https://www.ledevoir.com/politique/quebec/821037/oppositions-quebec-mitraillent-kings-depenses&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:12" title="Jump back to footnote 13 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:13"&gt;
&lt;p&gt;Brousseault-Pouliot, V. (2024, 25 septembre). Coupe des Présidents: Québec défend sa subvention. &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt;. &lt;a href="https://www.lapresse.ca/actualites/coupe-des-presidents/un-cout-de-9-millions-pour-les-contribuables/2024-09-25/coupe-des-presidents/quebec-defend-sa-subvention.php"&gt;https://www.lapresse.ca/actualites/coupe-des-presidents/un-cout-de-9-millions-pour-les-contribuables/2024-09-25/coupe-des-presidents/quebec-defend-sa-subvention.php&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:13" title="Jump back to footnote 14 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:14"&gt;
&lt;p&gt;Plourde, A. (2023). &lt;em&gt;Un programme universel d’alimentation scolaire pour le Québec&lt;/em&gt;. Institut de recherche et d’informations socioéconomiques. &lt;a href="https://iris-recherche.qc.ca/publications/programme-alimentation-scolaire/"&gt;https://iris-recherche.qc.ca/publications/programme-alimentation-scolaire/&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:14" title="Jump back to footnote 15 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:15"&gt;
&lt;p&gt;Coalition Main Rouge. (2021). &lt;em&gt;Solutions fiscales et mesures de contrôle des dépenses proposées par la Coalition Main rouge Automne 2021&lt;/em&gt;. &lt;a href="https://www.nonauxhausses.org/wp-content/uploads/Tableau10milliardsdesolutions2021.pdf"&gt;https://www.nonauxhausses.org/wp-content/uploads/Tableau10milliardsdesolutions2021.pdf&lt;/a&gt;&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:15" title="Jump back to footnote 16 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="blog"></category><category term="québec"></category><category term="economics"></category></entry><entry><title>Book Review: Chokepoint Capitalism, by Rebecca Giblin and Cory Doctorow</title><link href="https://veronneau.org/book-review-chokepoint-capitalism-by-rebecca-giblin-and-cory-doctorow.html" rel="alternate"></link><published>2022-11-04T00:00:00-04:00</published><updated>2022-11-04T00:00:00-04:00</updated><author><name>Louis-Philippe Véronneau</name></author><id>tag:veronneau.org,2022-11-04:/book-review-chokepoint-capitalism-by-rebecca-giblin-and-cory-doctorow.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Two weeks ago, I had the chance to go see Cory Doctorow at my local independent
bookstore, in Montréal. He was there to present his latest essay, co-written
with Rebecca Giblin&lt;sup id="fnref:giblin"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:giblin"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Titled &lt;em&gt;Chokepoint Capitalism: How Big Tech and
Big Content Captured Creative Labor Markets and How We'll Win Them …&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Two weeks ago, I had the chance to go see Cory Doctorow at my local independent
bookstore, in Montréal. He was there to present his latest essay, co-written
with Rebecca Giblin&lt;sup id="fnref:giblin"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:giblin"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Titled &lt;em&gt;Chokepoint Capitalism: How Big Tech and
Big Content Captured Creative Labor Markets and How We'll Win Them Back&lt;/em&gt;, it
focuses on the impact of monopolies and monopsonies (more on this later) on
creative workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The book is divided in two main parts:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Part one, &lt;strong&gt;Culture has been captured&lt;/strong&gt; (chapters 1 to 11), is a series of
  case studies that focus on different examples of market failure. The specific
  sectors analysed are the book market, the news media, the music industry,
  Hollywood, the mobile apps industry and the online video platforms.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Part two, &lt;strong&gt;Braking anticompetitive flywheels&lt;/strong&gt; (chapters 12 to 19), looks at
  different solutions to try to fix these failures.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="/media/blog/2022-11-04/cover.jpg" width="70%" style="margin-left:15%" title="A picture of the book cover" alt="A picture of the book cover"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Although Doctorow is known for his strong political stances, I have to say I'm
quite surprised by the quality of the research Giblin and he did for this book.
They both show a pretty advanced understanding of the market dynamics they look
at, and even though most of the solutions they propose aren't new or
groundbreaking, they manage to be convincing and clear.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;That is to say, you certainly don't need to be an economist to understand or
enjoy this book :)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As I have mentioned before, the book heavily criticises monopolies, but also
monopsonies — a market structure that has only one buyer (instead of one
seller). I find this quite interesting, as whereas people are often familiar
with the concept of monopolies, monopsonies are frequently overlooked.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The classic example of a monopsony is a labor market with a single employer:
there is a multitude of workers trying to sell their labor power, but in the
end, working conditions are dictated by the sole employer, who gets to decide
who has a job and who hasn't. Mining towns are good real-world examples of
monopsonies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the book, the authors argue most of the contemporary work produced by
creative workers (especially musicians and writers) is sold to monopsonies and
&lt;a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Oligopsony"&gt;oligopsonies&lt;/a&gt;, like Amazon&lt;sup id="fnref:amazon"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:amazon"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; or major music labels. This creates a
situation where the consumers are less directly affected by the lack of
competition in the market (they often get better prices), but where creators
have an increasingly hard time making ends meet. Not only this, but natural
monopsonies&lt;sup id="fnref:natural"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:natural"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; are relatively rare, making the case for breaking the
existing ones even stronger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apart from the evident need to actually start applying (the quite good)
antitrust laws in the USA, some of the other solutions put forward are:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Transparency Rights — giving creative workers a way to audit the companies
  that sell their work and make sure they are paid what they are due.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Collective Action&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Time Limits on Copyright Contracts — making sure creators that sell their
  copyrights to publishers or labels can get them back after a reasonable
  period of time.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Radical Interoperability — forcing tech giants to make their walled-gardens
  interoperable.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Minimum Wages for Creative Work — enforcing minimum legal rates for workers
  in certain domains, like what is already done for screenplays in the US by
  members of the Writers Guild of America.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Collective Ownership&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Overall, I found this book quite enjoying and well written. Since I am not a
creative worker myself and don't experience first-hand the hardships presented
in the book, it was the occasion for me to delve more deeply in this topic.
Chances are I'll reuse some of the exposés in my classes too.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:giblin"&gt;
&lt;p&gt;Professor at the Melbourne Law School and Director of the
  Intellectual Property Research Institute of Australia, amongst other things.
  &lt;a href="https://law.unimelb.edu.au/about/staff/rebecca-giblin"&gt;More on her here&lt;/a&gt;.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:giblin" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:amazon"&gt;
&lt;p&gt;Amazon owns more than 50% of the US physical book retail market and
  has an even higher market share for ebooks and audiobooks (via Audible). Not
  only this, but with the decline of the physical book market, audiobooks are
  an increasingly important source of revenue for authors.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:amazon" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:natural"&gt;
&lt;p&gt;Natural monopolies happen when it does not make economic sense for
  multiple enterprises to compete in a market. Critical infrastructures, like
  water supply or electricity, make for good examples of natural monopolies. It
  simply wouldn't be efficient to have 10 separate electrical cables connecting
  your house to 10 separate electric grids. In my opinion, such monopolies are
  acceptable (and even desirable), as long as they are collectively owned,
  either by the State or by local entities (municipalities, non-profits, etc.).&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:natural" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="blog"></category><category term="economics"></category><category term="book"></category></entry><entry><title>What are the incentive structures of Free Software?</title><link href="https://veronneau.org/what-are-the-incentive-structures-of-free-software.html" rel="alternate"></link><published>2021-02-17T00:00:00-05:00</published><updated>2021-02-17T00:00:00-05:00</updated><author><name>Louis-Philippe Véronneau</name></author><id>tag:veronneau.org,2021-02-17:/what-are-the-incentive-structures-of-free-software.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;When I started my Master's degree in January 2018, I was confident I would be
done in a year and half. After all, I only had one year of classes and I
figured 6 months to write a thesis would be plenty.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Three years later, I'm finally done: the final …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;When I started my Master's degree in January 2018, I was confident I would be
done in a year and half. After all, I only had one year of classes and I
figured 6 months to write a thesis would be plenty.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Three years later, I'm finally done: the final version of my thesis was
accepted on January 22&lt;sup&gt;nd&lt;/sup&gt; 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;My thesis, entitled &lt;em&gt;What are the incentive structures of Free Software? An
economic analysis of Free Software's specific development model&lt;/em&gt;, can be &lt;a href="https://veronneau.org/media/blog/2021-02-17/mémoire.pdf"&gt;found
here&lt;/a&gt; &lt;sup id="fnref:french"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:french"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. If you care about such things, both the data and the final
document can be built from source with the code in this &lt;a href="https://gitlab.com/baldurmen/memoire-maitrise"&gt;git repository&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Results and analysis&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;My thesis is divided in four main sections:&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;an introduction to FOSS&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;a chapter discussing the incentive structures of Free Software (and arguing
   the so called “&lt;em&gt;Tragedy of the Commons&lt;/em&gt;” isn't inevitable)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;a chapter trying to use empirical data to validate the theories presented in
   the previous chapter&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;an annex on the various FOSS business models&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;If you're reading this blog post, chances are you'll find both section 1 and 4
a tad boring, as you might already be familiar with these concepts.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Incentives&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;So, why &lt;em&gt;do&lt;/em&gt; people contribute to Free Software? Unsurprisingly, it's
complicated. Many economists have studied this topic, but for some reason, most
research happened in the early 2000s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Although papers don't all agree with each other and most importantly, about the
variables' importance, the main incentives&lt;sup id="fnref:complex"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:complex"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; can be summarized by:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;expectation of monetary gain&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;writing FOSS as a hobby (that includes “&lt;em&gt;scratching your own itch&lt;/em&gt;”)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;liking the FOSS community and feeling a sense of belonging&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;altruism (writing FOSS for Good™)&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Giving weights to these variables is not an easy thing: the FOSS ecosystem is
highly heterogeneous and thus, people tend to write FOSS for different reasons.
Moreover, incentives tend to shift with time as the ecosystem does. People
writing Free Software in the 1990s probably did it for different reasons than
people in 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These four variables can also be divided in two general categories: extrinsic
and intrinsic incentives. Monetary gain expectancy is an extrinsic incentive
(its value is delayed and mediated), whereas the three other ones are intrinsic
(they have an immediate value by themselves).&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Empirical analysis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Theory is nice, but it's even better when you can back it up with data. Sadly,
most of the papers on the economic incentives of FOSS are either purely
theoretical, or use sample sizes so small they could as well be.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Using the data from the &lt;a href="https://insights.stackoverflow.com/survey/2018/"&gt;StackOverflow 2018 survey&lt;/a&gt;, I thus
tried to see if I could somehow confirm my previous assumptions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;With 129 questions and more than 100 000 respondents (which after statistical
processing yields between 28 000 and 39 000 observations per variable of
interest), the StackOverflow 2018 survey is a &lt;em&gt;very&lt;/em&gt; large dataset compared to
what economists are used to work with.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sadly, it wasn't entirely enough to come up with hard answers. There &lt;em&gt;is&lt;/em&gt; a
strong and significant correlation between writing Free Software and having a
higher salary, but endogeneity problems&lt;sup id="fnref:endogeneity"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:endogeneity"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; made it hard to give a
reliable estimate of how much money this would represent. Same goes for writing
code has a hobby: it seems there is a strong and significant correlation, but
the exact numbers I came up with cannot really be trusted.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The results on community as an incentive to writing FOSS were the ones that
surprised me the most. Although I expected the relation to be quite strong, the
coefficients predicted were in fact quite small. I theorise this is partly due
to only 8% of the respondents declaring they didn't feel like they belonged in
the IT community. With such a high level of adherence, the margin for
improvement has to be smaller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As for altruism, I wasn't able get any meaningful results. In my opinion this
is mostly due to the fact there was no explicit survey question on this topic
and I tried to make up for it by cobbling data together.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kinda anti-climatic, isn't it? I would've loved to come up with decisive
conclusions on this topic, but if there's one thing I learned while writing
this thesis, it is I don't know much after all.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:french"&gt;
&lt;p&gt;Note that the thesis is written in French.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:french" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:complex"&gt;
&lt;p&gt;Of course, life is complex and so are people's motivations. One
  could come up with dozen more reasons why people contribute to Free Software.
  The "fun" of theoretical modelisation is trying to make complex things
  somewhat simpler.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:complex" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:endogeneity"&gt;
&lt;p&gt;I'll spare you the details, but this means there is no way to
  know if this correlation is the result of a causal link between the two
  variables. There are ways to deal with this problem (using an &lt;a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Instrumental_variables_estimation"&gt;instrumental
  variables model&lt;/a&gt; is a very popular one), but again, the survey didn't
  provide the proper instruments to do so. For example, it could very well be
  the correlation is due to omitted variables. If you are interested in this
  topic (and can read French), I talk about this issue in section 3.2.8.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:endogeneity" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="blog"></category><category term="economics"></category><category term="foss"></category></entry><entry><title>Book Review: Working in Public by Nadia Eghbal</title><link href="https://veronneau.org/book-review-working-in-public-by-nadia-eghbal.html" rel="alternate"></link><published>2020-11-06T00:00:00-05:00</published><updated>2020-11-06T00:00:00-05:00</updated><author><name>Louis-Philippe Véronneau</name></author><id>tag:veronneau.org,2020-11-06:/book-review-working-in-public-by-nadia-eghbal.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;I have a lot of respect for Nadia Eghbal, partly because I can't help to be
jealous of her work on the economics of Free Software&lt;sup id="fnref:os"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:os"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. If you are not
already familiar with Eghbal, she is the author of &lt;a href="https://www.fordfoundation.org/about/library/reports-and-studies/roads-and-bridges-the-unseen-labor-behind-our-digital-infrastructure/"&gt;&lt;em&gt;Roads and Bridges: The
Unseen Labor Behind Our Digital Infrastructure …&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;I have a lot of respect for Nadia Eghbal, partly because I can't help to be
jealous of her work on the economics of Free Software&lt;sup id="fnref:os"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:os"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. If you are not
already familiar with Eghbal, she is the author of &lt;a href="https://www.fordfoundation.org/about/library/reports-and-studies/roads-and-bridges-the-unseen-labor-behind-our-digital-infrastructure/"&gt;&lt;em&gt;Roads and Bridges: The
Unseen Labor Behind Our Digital Infrastructure&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, a great technical
report published for the Ford Foundation in 2016. You may also have caught her
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=W2AR1owg0ao"&gt;excellent keynote&lt;/a&gt; at LCA 2017, entitled &lt;em&gt;Consider the Maintainer&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Her latest book, &lt;em&gt;Working in Public: The Making and Maintenance of Open Source
Software&lt;/em&gt;, published by Stripe Press a few months ago, is a great read and if
this topic interests you, I highly recommend it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The book itself is simply gorgeous; bright orange, textured hardcover binding,
thick paper, wonderful typesetting — it has everything to please. Well, nearly
everything. Sadly, it is only available on Amazon, exclusively in the United
States. A real let down for a book on Free and Open Source Software.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The book is divided in five chapters, namely:&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Github as a Platform&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;The Structure of an Open Source Project&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Roles, Incentives and Relationships&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;The Work Required by Software&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Managing the Costs of Production&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="/media/blog/2020-11-06/cover.jpg" width="70%" style="margin-left:15%" title="A picture of the book cover" alt="A picture of the book cover"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrary to what I was expecting, the book feels more like an extension of the
LCA keynote I previously mentioned than &lt;em&gt;Roads and Bridges&lt;/em&gt;. Indeed, as made
apparent by the following quote, Eghbal doesn't believe funding to be the
primary problem of FOSS anymore:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;We still don't have a common understanding about &lt;/em&gt;who's&lt;em&gt; doing the work,
&lt;/em&gt;why&lt;em&gt; they do it, and &lt;/em&gt;what&lt;em&gt; work needs to be done. Only when we understand
the underlying behavioral dynamics of open source today, and how it differs
from its early origins, can we figure out where money fits in. Otherwise,
we're just flinging wet paper towels at a brick wall, hoping that something
sticks.&lt;/em&gt; — p.184&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;That is to say, the behavior of maintainers and the challenges they face — not
the eternal money problem — is the real topic of this book. And it feels
refreshing. When was the last time you read something on the economics of Free
Software without it being mostly about what licences projects should pick and
how business models can be tacked on them? I certainly can't.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To be clear, I'm not sure I agree with Eghbal on this. Her having worked at
Github for a few years and having interviewed mostly people in the Ruby on
Rails and Javascript communities certainly shows in the form of a strong
selection bias. As she herself admits, this is a book on how software &lt;em&gt;on
Github&lt;/em&gt; is produced. As much as this choice irks me (the Free Software
community certainly cannot be reduced to Github), this exercise had the merit
of forcing me to look at my own selection biases.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As such, reading &lt;em&gt;Working in Public&lt;/em&gt; did to me something I wasn't expecting it
to do: it broke my Free Software echo chamber. Although I consider myself very
familiar with the world of Free and Open Source Software, I now understand my
somewhat ill-advised contempt for certain programming languages — mostly JS —
skewed my understanding of what FOSS in 2020 really is.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;My Free Software world very much revolves around Debian, a project with a
strong and opinionated view of Free Software, rooted in a historical and
political understanding of the term. This, Eghbal argues, is not the case for a
large swat of developers anymore. They are &lt;em&gt;The Github Generation&lt;/em&gt;, people
attached to Github as a platform first and foremost, and who feel "Open Source"
is just a convenient way to make things.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Although I could intellectualise this, before reading the book, I didn't really
&lt;a href="https://en.wiktionary.org/wiki/grok"&gt;grok&lt;/a&gt; how communities akin to npm have been reshaping the modern FOSS
ecosystem and how different they are from Debian itself. To be honest, I am not
sure I like this tangent and it is certainly part of the reason why I had a
tendency to dismiss it as a fringe movement I could safely ignore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thanks to Nadia Eghbal, I come out of this reading more humble and certainly
reminded that FOSS' heterogeneity is real and should not be idly dismissed.
This book is rich in content and although I could go on (my personal notes
clock-in at around 2000 words and I certainly disagree with a number of
things), I'll stop here for now. Go and grab a copy already!&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:os"&gt;
&lt;p&gt;She insists on using the term &lt;em&gt;open source&lt;/em&gt;, but I won't :)&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:os" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="blog"></category><category term="economics"></category><category term="foss"></category><category term="book"></category></entry><entry><title>Musings on long-term software support and economic incentives</title><link href="https://veronneau.org/musings-on-long-term-software-support-and-economic-incentives.html" rel="alternate"></link><published>2020-10-19T00:00:00-04:00</published><updated>2020-10-19T00:00:00-04:00</updated><author><name>Louis-Philippe Véronneau</name></author><id>tag:veronneau.org,2020-10-19:/musings-on-long-term-software-support-and-economic-incentives.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Although I still read a lot, during my college sophomore years my reading
habits shifted from novels to more academic works. Indeed, reading dry
textbooks and economic papers for classes often kept me from reading anything
else substantial. Nowadays, I tend to binge read novels: I won't touch a book …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Although I still read a lot, during my college sophomore years my reading
habits shifted from novels to more academic works. Indeed, reading dry
textbooks and economic papers for classes often kept me from reading anything
else substantial. Nowadays, I tend to binge read novels: I won't touch a book
for months on end, and suddenly, I'll read 10 novels back to back&lt;sup id="fnref:dune"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:dune"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the start of a novel binge, I always follow the same ritual: I take out my
e-reader from its storage box, marvel at the fact the battery is still pretty
full, turn on the WiFi and check if there are OS updates. And I have to admit,
Kobo Inc. (now Rakuten Kobo) has done a stellar job of keeping my e-reader up
to date. I've owned this model (a Kobo Aura 1&lt;sup&gt;st&lt;/sup&gt; generation) for 7
years now and I'm still running the latest version of Kobo's Linux-based OS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Having recently had trouble updating my Nexus 5 (also manufactured 7 years ago)
to Android 10&lt;sup id="fnref:nexus"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:nexus"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, I asked myself:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Why is my e-reader still getting regular OS updates, while Google stopped
issuing security patches for my smartphone four years ago?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;To try to answer this, let us turn to economic incentives
theory.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Although not the be-all and end-all some think it is&lt;sup id="fnref:incentives"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:incentives"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, incentives
theory is not a bad tool to analyse this particular problem. Executives at
Google most likely followed a very business-centric logic when they decided to
drop support for the Nexus 5. Likewise, Rakuten Kobo's decision to continue
updating older devices certainly had very little to do with ethics or loyalty
to their user base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So, what are the incentives that keep Kobo updating devices and why are they
different than smartphone manufacturers'?&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;A portrait of the current long-term software support offerings for smartphones and e-readers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Before delving deeper in economic theory, let's talk data. I'll be focusing on
2 brands of e-readers, Amazon's Kindle and Rakuten's Kobo. Although the
e-reader market is highly segmented and differs a lot based on geography,
Amazon was in 2015 the clear worldwide leader with 53% of the worldwide
e-reader sales, followed by Rakuten Kobo at 13%&lt;sup id="fnref:ereader_sales"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:ereader_sales"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the smartphone side, I'll be differentiating between Apple's iPhones and
Android devices, taking Google as the barometer for that ecosystem. As mentioned
below, Google is sadly the leader in long-term Android software support.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Rakuten Kobo&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;According to &lt;a href="https://help.kobo.com/hc/en-us/articles/360019690433"&gt;their website&lt;/a&gt; and to this &lt;a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kobo_eReader#Chronological_Overview"&gt;Wikipedia
table&lt;/a&gt;, the only e-readers Kobo has deprecated are the original
Kobo eReader and the Kobo WiFi N289, both released in 2010. This makes their
oldest still supported device the Kobo Touch, released in 2011. In my book,
that's a pretty good track record.  Long-term software support does not seem to
be advertised or to be a clear selling point in their marketing.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Amazon&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;According to &lt;a href="https://www.amazon.com/gp/help/customer/display.html?nodeId=GKMQC26VQQMM8XSW"&gt;their website&lt;/a&gt;, Amazon has dropped support for
all 8 devices produced before the Kindle Paperwhite 2&lt;sup&gt;nd&lt;/sup&gt; generation,
first sold in 2013. To put things in perspective, the first Kindle came out in
2007, 3 years before Kobo started selling devices. Like Rakuten Kobo, Amazon
does not make promises of long-term software support as part of their
marketing. &lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Apple&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Apple has a very clear &lt;a href="https://support.apple.com/en-gb/HT201624"&gt;software support policy&lt;/a&gt; for all their
devices:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Owners of iPhone, iPad, iPod or Mac products may obtain a service and parts
from Apple or Apple service providers for five years after the product is no
longer sold – or longer, where required by law.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;This means in the worst-case scenario of buying an iPhone model just as it is
discontinued, one would get a minimum of 5 years of software support.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Android&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Google's policy for their Android devices is to provide software support for &lt;a href="https://support.google.com/pixelphone/answer/4457705?hl=en"&gt;3
years after the launch date&lt;/a&gt;. If you buy a Pixel device just
before the new one launches, you could theoretically only get 2 years of
support. In 2018, Google decided OEMs would have to provide security updates
for &lt;a href="https://www.theverge.com/2018/10/24/18019356/android-security-update-mandate-google-contract"&gt;at least 2 years&lt;/a&gt; after launch, threatening not to license
Google Apps and the Play Store if they didn't comply.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;A question of cost structure&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;From the previous section, we can conclude that in general, e-readers seem to
be supported longer than smartphones, and that Apple does a better job than
Android OEMs, providing support for about twice as long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Even Fairphone, &lt;strong&gt;who's entire business is to build phones designed to last and
to be repaired&lt;/strong&gt; was not able to keep the Fairphone 1 (2013) updated for more
than &lt;a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Fairphone_1#Software_updates"&gt;a couple years&lt;/a&gt; and &lt;a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Fairphone_2#Software"&gt;seems to be struggling&lt;/a&gt; to keep the
Fairphone 2 (2015) running an up to date version of Android.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anyone who has ever worked in IT will tell you: maintaining software over time
is hard work and hard work by specialised workers is expensive. Most commercial
electronic devices are sold and developed by for-profit enterprises and
software support all comes down to a question of cost structure. If companies
like Google or Fairphone are to be expected to provide long-term support for
the devices they manufacture, they have to be able to fund their work somehow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In a perfect world, people would be paying for the cost of said long-term
support, as it would likely be cheaper then buying new devices every few years
and would certainly be better for the planet. Problem is, manufacturers aren't
making them pay for it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Economists call this type of problem externalities: things that should be
part of the cost of a good, but aren't for one a reason or another. A classic
example of an externality is pollution. Clearly pollution is bad and leads to
horrendous consequences, like climate change. Sane people agree we should
drastically cut our greenhouse gas emissions, and yet, we aren't.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neo-classical economic theory argues the way to fix externalities like
pollution is to &lt;em&gt;internalise&lt;/em&gt; these costs, in other words, to make people pay
for the "real price" of the goods they buy. In the case of climate change and
pollution, neo-classical economic theory is plain wrong (spoiler alert: it
often is), but this is where band-aids like the carbon tax comes from.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Still, coming back to long-term software support, let's see what would happen
if we were to try to internalise software maintenance costs. We can do this
multiple ways.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;1 - Include the price of software maintenance in the cost of the device&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;This is the choice Fairphone makes. This might somewhat work out for them since
they are a very small company, but it cannot scale for the following reasons:&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;This strategy relies on you giving your money to an enterprise &lt;u&gt;now&lt;/u&gt;,
   and trusting them to "Do the right thing" &lt;u&gt;years later&lt;/u&gt;. As the years
   go by, they will eventually look at their books, see how much ongoing
   maintenance is costing them, drop support for the device, apologise and move
   on. That is to say, enterprises have a clear economic incentive to promise
   long-term support and not deliver. One could argue a company's reputation
   would suffer from this kind of behaviour. Maybe sometime it does, but most
   often people forget. Political promises are a great example of this.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Enterprises go bankrupt all the time. Even if company X promises 15 years of
   software support for their devices, if they cease to exist, your device will
   stop getting updates. The internet is full of stories of IoT devices getting
   bricked when the parent company goes bankrupt and their servers disappear.
   This is related to point number 1: to some degree, you have a disincentive
   to pay for long-term support in advance, as the future is uncertain and
   there are chances you won't get the support you paid for.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Selling your devices at a higher price to cover maintenance costs does not
   necessarily mean you will make more money overall — raising more money to
   fund maintenance costs being the goal here. To a certain point, smartphone
   models are &lt;a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Substitute_good"&gt;substitute goods&lt;/a&gt; and prices higher than market prices will
   tend to drive consumers to buy cheaper ones. There is thus a disincentive to
   include the price of software maintenance in the cost of the device.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;People tend to be bad at rationalising the total cost of ownership over a
   long period of time. Economists call this phenomenon
   &lt;a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Hyperbolic_discounting"&gt;hyperbolic discounting&lt;/a&gt;. In our case, it means people are far more likely
   to buy a 500$ phone each 3 years than a 1000$ phone each 10 years. Again,
   this means OEMs have a clear disincentive to include the price of long-term
   software maintenance in their devices.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Clearly, life is more complex than how I portrayed it: enterprises are not
perfect rational agents, altruism exists, not all enterprises aim solely for
profit maximisation, etc. Still, in a capitalist economy, enterprises wanting
to charge for software maintenance upfront have to overcome these hurdles one
way or another if they want to avoid failing.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;2 - The subscription model&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Another way companies can try to internalise support costs is to rely on a
subscription-based revenue model. This has multiple advantages over the previous
option, mainly:&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;It does not affect the initial purchase price of the device, making it easier
   to sell them at a competitive price.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;It provides a stable source of income, something that is &lt;em&gt;very&lt;/em&gt; valuable to
   enterprises, as it reduces overall risks. This in return creates an incentive
   to continue providing software support as long as people are paying.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;If this model is so interesting from an economic incentives point of view, why
isn't any smartphone manufacturer offering that kind of program? The answer is,
they are, but not explicitly&lt;sup id="fnref:subscribe"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:subscribe"&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apple and Google can fund part of their smartphone software support via the 30%
cut they take out of their respective app stores. A &lt;a href="https://sensortower.com/blog/app-revenue-and-downloads-2019"&gt;report from Sensor
Tower&lt;/a&gt; shows that in 2019, Apple made an estimated US$ 16 billion
from the App Store, while Google raked in US$ 9 billion from the Google Play
Store. Although the &lt;a href="https://fortune.com/fortune500/2019"&gt;Fortune 500 ranking&lt;/a&gt; tells us this respectively
is "only" 5.6% and 6.5% of their gross annual revenue for 2019, the profit
margins in this category are certainly higher than any of their other products.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This means Google and Apple have an important incentive to keep your device
updated for some time: if your device works well and is updated, you are more
likely to keep buying apps from their store. When software support for a device
stops, there is a risk paying customers will buy a competitor device and leave
their ecosystem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This also explains why OEMs who don't own app stores tend not to provide
software support for very long periods of time. Most of them only make money
when you buy a new phone. Providing long-term software support thus becomes a
disincentive, as it directly reduces their sale revenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Same goes for Kindles and Kobos: the longer your device works, the more money
they make with their electronic book stores. In my opinion, it's likely Amazon
and Rakuten Kobo produce quarterly cost-benefit reports to decide when to drop
support for older devices, based on ongoing support costs and the recurring
revenues these devices bring in.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rakuten Kobo is also in a more precarious situation than Amazon is: considering
Amazon's very important market share, if your device stops getting new updates,
there is a greater chance people will replace their old Kobo with a Kindle.
Again, they have an important economic incentive to keep devices running as long
as they are profitable.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Can Free Software fix this?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Yes and no. Free Software certainly isn't a magic wand one can wave to make
everything better, but does provide major advantages in terms of security, user
freedom and sometimes costs. The last piece of the puzzle explaining why Rakuten
Kobo's software support is better than Google's is technological choices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Smartphones are incredibly complex devices and have become the main computing
platform of many. Similar to the web, there is a race for features and
complexity that tends to create bloat and make older devices slow and painful
to use. On the other hand, e-readers are simpler devices built for a single
task: display electronic books.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Control over the platform is also a key aspect of the cost structure of
providing software updates. Whereas Apple controls both the software and
hardware side of iPhones, Android is a sad mess of drivers and SoCs, all
providing different levels of support over time&lt;sup id="fnref:snapdragon"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:snapdragon"&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If you take a look at the platforms the Kindle and Kobo are built on, you'll
quickly see they both use &lt;a href="https://en.wikipedia.org/wiki/I.MX"&gt;Freescale I.MX SoCs&lt;/a&gt;. These processors
are well known for their excellent upstream support in the Linux kernel and
their relative longevity, chips being produced for either 10 or 15 years. This
in turn makes updates much easier and less expensive to provide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So clearly, open architectures, free drivers and open hardware helps
tremendously, but aren't enough on their own. One of the lessons we must learn
from the (amazing) LineageOS project is how lack of funding hurts everyone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If there is no one to do the volunteer work required to maintain a version of
LOS for your device, it won't be supported. Worse, when purchasing a new
device, users cannot know in advance how many years of LOS support they will
get. This makes buying new devices a frustrating hit-and-miss experience. &lt;a href="https://wiki.lineageos.org/devices/jflteatt"&gt;If
you are lucky&lt;/a&gt;, you will get many years of support. Otherwise, you risk
your device becoming an expensive insecure paperweight.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So how do we fix this? Anyone with a brain understands throwing away perfectly
good devices each 2 years is not sustainable. Government regulations enforcing
a minimum support life would be a step in the right direction, but at the end
of the day, Capitalism is to blame. Like the aforementioned carbon tax, band-aid
solutions can make things somewhat better, but won't fix our current economic
system's underlying problems.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For now though, I'll leave fixing the problem of Capitalism to someone else.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:dune"&gt;
&lt;p&gt;My most recent novel binge has been focused on re-reading the &lt;em&gt;Dune&lt;/em&gt;
  franchise. I first read the 6 novels written by Frank Herbert when I was 13
  years old and only had vague and pleasant memories of his work. Great stuff.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:dune" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:nexus"&gt;
&lt;p&gt;I'm back on LineageOS! Nice folks released an &lt;a href="https://forum.xda-developers.com/google-nexus-5/orig-development/rom-lineageos-17-1-nexus-5-hammerhead-t4039273"&gt;unofficial LOS
  17.1&lt;/a&gt; port for the Nexus 5 last January and have kept it updated since
  then. If you are to use it, I would also recommend updating TWRP &lt;a href="https://forum.xda-developers.com/google-nexus-5/orig-development/recovery-twrp-hh-nexus-5-hammerhead-t4047653"&gt;to this
  version&lt;/a&gt; specifically patched for the Nexus 5.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:nexus" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:incentives"&gt;
&lt;p&gt;Very few serious economists actually believe neo-classical
  rational agent theory is a satisfactory explanation of human behavior. In my
  opinion, it's merely a (mostly flawed) lens to try to interpret certain
  behaviors, a tool amongst others that needs to be used carefully, preferably
  as part of a &lt;a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Pluralism_in_economics"&gt;pluralism of approaches&lt;/a&gt;.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:incentives" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:ereader_sales"&gt;
&lt;p&gt;Good data on the e-reader market is hard to come by and is
  mainly produced by specialised market research companies selling their
  findings at very high prices. Those particular statistics come from a
  &lt;a href="https://www.marketwatch.com/press-release/ereader-market-size-share-2020-by-development-history-business-prospect-trend-key-manufacturers-price-supply-demand-growth-factor-and-end-user-analysis-outlook-till-2024-2020-07-20"&gt;MarketWatch&lt;/a&gt; analysis.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:ereader_sales" title="Jump back to footnote 4 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:subscribe"&gt;
&lt;p&gt;If they were to tell people: &lt;em&gt;You need to pay us 5$/month if you
  want to receive software updates&lt;/em&gt;, I'm sure most people would not pay. Would
  you?&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:subscribe" title="Jump back to footnote 5 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:snapdragon"&gt;
&lt;p&gt;Coming back to Fairphones, if they had so much problems
  providing an Android 9 build for the Fairphone 2, it's because &lt;a href="https://www.xda-developers.com/in-depth-capitulation-of-why-msm8974-devices-are-excluded-from-nougat/"&gt;Qualcomm
  never provided&lt;/a&gt; Android 7+ support for the Snapdragon 801 SoC it
  uses.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:snapdragon" title="Jump back to footnote 6 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="blog"></category><category term="economics"></category><category term="foss"></category></entry><entry><title>Paying for The Internet</title><link href="https://veronneau.org/paying-for-the-internet.html" rel="alternate"></link><published>2019-08-06T00:00:00-04:00</published><updated>2019-08-06T00:00:00-04:00</updated><author><name>Louis-Philippe Véronneau</name></author><id>tag:veronneau.org,2019-08-06:/paying-for-the-internet.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;For a while now, I've been paying for The Internet. Not the internet connection
provided by my ISP, mind you, but for the stuff I enjoy online and the services
I find useful.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Most of the Internet as we currently know it is funded by ads. I hate ads and …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;For a while now, I've been paying for The Internet. Not the internet connection
provided by my ISP, mind you, but for the stuff I enjoy online and the services
I find useful.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Most of the Internet as we currently know it is funded by ads. I hate ads and I
take a vicious pride in blocking them with the help of great projects like
&lt;a href="https://github.com/gorhill/uBlock/"&gt;uBlock Orign&lt;/a&gt; and &lt;a href="https://noscript.net/"&gt;NoScript&lt;/a&gt;. More fundamentally, I believe
the web shouldn't be funded via ads:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;they control your brain (that alone should be enough to ban ads)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;they create morally wrong economic incentives towards consumerism&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;they create important security risks and make websites gather data on you&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="/media/blog/2019-08-06/sale_pub_sexiste.jpg" title="A sticker with a feminist anti-ads message" alt="A sticker with a feminist anti-ads message" height="30%" width="30%" style="float:right"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I could go on like this, but I feel those are pretty strong arguments. Feel free
to disagree.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So I've started paying. Paying for my emails. Paying for the comics I enjoy
online &lt;sup id="fnref:comics"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:comics"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Paying for the few YouTube channels I like. Paying for the
newspapers I read.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the moment, The Internet costs me around 260 USD per year. Luckily for me,
I'm privileged enough that it doesn't have a significant impact on my finances.
I also pay for a lot of the software I use and enjoy by making patches and
spending time working on them. I feel that's a valid way to make The Internet a
more sustainable place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I don't think individual actions like this one have a very profound impact on
how things work, but like riding your bike to work or eating locally produced
organic food, it opens a window into a possible future. A better future.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:comics"&gt;
&lt;p&gt;I currently like these comics enough to pay for them:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://existentialcomics.com/"&gt;Existential Comics&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="http://thedevilspanties.com/"&gt;The Devil's Panties&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.lunarbaboon.com/"&gt;Lunarbaboon&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://questionablecontent.net/"&gt;Questionable Content&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://www.smbc-comics.com/"&gt;SMBC Comics&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://www.mrlovenstein.com/"&gt;Mr. Lovenstein&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:comics" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="blog"></category><category term="economics"></category><category term="foss"></category></entry><entry><title>From Cooperation to Competition or How Code Became Proprietary</title><link href="https://veronneau.org/from-cooperation-to-competition-or-how-code-became-proprietary.html" rel="alternate"></link><published>2018-12-29T00:00:00-05:00</published><updated>2018-12-29T00:00:00-05:00</updated><author><name>Louis-Philippe Véronneau</name></author><id>tag:veronneau.org,2018-12-29:/from-cooperation-to-competition-or-how-code-became-proprietary.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;After two semesters of hard work, I'm happy to say I've finished all the classes
I had to take for my Master's degree. If I work hard enough, I should be able to
finish writing my thesis by the end of August.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Last night, I handed out the final paper …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;After two semesters of hard work, I'm happy to say I've finished all the classes
I had to take for my Master's degree. If I work hard enough, I should be able to
finish writing my thesis by the end of August.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Last night, I handed out the final paper for my &lt;em&gt;History of the Economic
Thought&lt;/em&gt; class. Titled "From Cooperation to Competition or How Code Became
Proprietary", it is a research paper on the evolution of the Copyright Law in
the United States with regards to computer code.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Here's the abstract:&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;With the emergence of computer science as a academic research domain in the 60s,
a new generation of students gain access to computers. This generation will
become the first wave of hackers, a community based on a strong ethos promoting
curiosity and knowledge sharing. The hazy legal framework of computer code
intellectual property at the time enables this community to grow and to put
forward cooperation as a mean of economic production. Meanwhile in the 60s, the
American politicians take advantage of the revision of the &lt;em&gt;Copyright Act&lt;/em&gt; to
think about the implications of applying copyright to computer code. After
failing to tackle computer issues in the 1976 revision of the &lt;em&gt;Copyright Act&lt;/em&gt;,
the Senate creates the Commission on New Technological Uses of Copyrighted Works
(CONTU). The final report of the CONTU will eventually lead computer code to be
recognised as a literary work and thus copyrightable. A few years later,
American courts finally create a strong case law on these issues with the 1983
Apple v. Franklin court case.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;Sadly, I haven't had time to translate the whole paper to English yet (it's in
French). Maybe if enough people are interested by theses issues I'll take the
time to do so.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If you want to read my paper in French, you can download the PDF &lt;a href="https://veronneau.org/media/blog/2018-12-29/paper.pdf"&gt;here&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</content><category term="blog"></category><category term="economics"></category><category term="foss"></category><category term="copyright"></category></entry></feed>